Il faut d'abord que les sentiments des "Gilets jaunes soient entendus", a déclaré le maire de Pau et président du MoDem, François Bayrou, à l'issue d'une rencontre avec une délégation de "gilets jaunes" béarnais. Il a reçu, ce lundi en fin de matinée, 5 de leurs "représentants" durant près de deux heures dans la salle des mariages au rez-de-chaussée de l'hôtel de ville de Pau. Pau, lequel souhaite que le gouvernement gèle les augmentations des taxes, au moins le temps du dialogue. Président de la République. Reste que les revendications exprimées par la délégation reçue ce jour, qui a souhaité conserver l'anonymat, sont très diverses et parfois contradictoires. Elles proviennent des paroles de gilets jaunes recueillies par ses membres sur les différents blocages locaux et enrichies à partir des souhaits d'autres gilets jaunes de France publiés sur le web. Synthétisées en 15 points-clés, ces revendications ont été soumises à 75 000 personnes qui ont répondu à un sondage lancé par une webradio locale, Radio Capitole. Dans l’un de ses dernières vidéos postées le 3 septembre sur sa web télé, Michel Onfray publiait une lettre ouverte à Emmanuel Macron après que le chef de l’Etat a décidé de nommer l’écrivain Philippe Besson consul à Washington. « Votre altesse, votre excellence, votre sérénité, mon cher Manu, mon roi », raillait-il en introduction de sa missive. Michel Onfray paie-t-il son insolence ? D’aucuns le diront. Michel Onfray le premier. Mais le président a-t-il demandé la tête d’un opposant ? Cela paraît inimaginable. Emmanuel Macron n’a pas besoin de demander pour se faire comprendre. Alors qu’un projet de loi pour réformer l’audiovisuel public est en discussion, comment imaginer que les patrons du service public ne cherchent pas à anticiper les désirs de l’Elysée, les devancer pour sauver ce qu’il leur reste de pouvoir. Qui peut penser qu’Emmanuel Macron, chantre des libertés et du progressisme, puisse céder à la tentation de l’illibéralisme et de la censure ? Selon lui, le secrétaire d'Etat n'avait pas le "feeling" indispensable pour ce travail délicat. Même sévérité à propos du désormais célèbre "discours de Dakar" de Nicolas Sarkozy, rédigé par un conseiller novice sur l'Afrique : "Une connerie ! Humiliant pour les Africains", s'exclame-t-il. Pourtant Me Bourgi a conscience que les choses doivent changer. Mais pas comme ça, pas "à la Bockel", brutalement : "On ne dilapide pas un capital que nous a légué de Gaulle." Le langage de la vérité, on peut le tenir en privé. Bourgi se souvient avoir entendu Sarkozy passer un savon au ministre des Finances d'un pays africain, en présence de son chef d'Etat, parce qu'il avait présenté un dossier mal ficelé devant le FMI. Le coupable est resté un moment au purgatoire. Mais la "rupture", Robert Bourgi n'y croit pas. Le nouveau ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, est un fidèle parmi les fidèles d'Emmanuel Macron. Un fidèle de la première heure puisque les deux hommes se connaissent depuis 2015 bien avant la campagne présidentielle. Ancien socialiste, il rejoint le mouvement En marche d'Emmanuel Macron en 2016. Depuis, il n'a cessé de grimper les marches de sa carrière politique. Christophe Castaner, 52 ans, peut compter sur le soutien indéfectible de sa femme Hélène qui est cadre bancaire. Le couple s'est rencontré alors qu'ils étaient tous les deux lycéens au lycée de Manosque. Christophe Castaner a connu un parcours plutôt chaotique pendant sa jeunesse. Fils d'un ancien militaire au caractère violent, il se rebelle à 18 ans et arrête ses études pour vivre de petits boulots. C'est grâce à sa femme Hélène qu'il revient sur le droit chemin. Elle le pousse à reprendre ses études, il passe son bac en candidat libre et l'obtient. Avec sa femme, ils ont deux filles, Jade et Léane. Jean-Yves Le Drian, vendredi, à Guidel. Aujourd’hui, ils se trouvent embarqués dans la même galère. «Au fond, la nature des choses politiques faisait qu’il était naturel que Jean-Yves Le Drian et nous, nous nous retrouvions un jour attelés à la même œuvre. Le plan de lutte contre la pauvreté et le plan santé présentés par le gouvernement ont apaisé un peu les inquiétudes du parti centriste et de ses parlementaires. Mezzo voce, pour ne pas briser le pacte qui le lie au président de la République, François Bayrou avait manifesté sa mauvaise humeur. Un peu plus fortement pour dénoncer l’attitude de LREM qui avait désigné Richard Ferrand comme candidat à la présidence de l’Assemblée nationale sans même consulter le Modem. Et plus discrètement pour déplorer les failles de la politique sociale du gouvernement. «Le score réalisé par le président du groupe Modem Marc Fesneau au perchoir, qui dépasse très largement celui des seuls députés Modem, montre bien que nous comptons et que nous sommes entendus. Des députés LREM ont voté pour lui», constate un député Modem. Le leader centriste, qui ne lâche rien sur ses échanges réguliers avec le président de la République, assure être entendu. «Marc Fesneau a montré que notre audience dépassait le cadre de notre groupe parlementaire. Maintenant, il ne faut pas se leurrer, nous sommes dépendants de la majorité LREM et nous ne pouvons qu’être loyaux. Mais sur le terrain, cela devient difficile. Les gens n’adhèrent pas à certaines politiques menées par le gouvernement», résume un député. «De toute façon, personne ne doute de ce que nous pensons et de ce que nous avons à dire», ajoute François Bayrou qui, pour le moment, prend garde à ne pas le dire trop fort. Mais tous les hauts gradés ne sont pas logés à la même enseigne. Beaucoup d’officiers supérieurs n’ont pas les avantages exorbitants de leurs camarades d’armes, qui eux peuvent profiter de leur poste pour s’enrichir et qui soutiennent ce régime en montrant leurs biceps. Au regard de ce constat amer, la lutte contre la corruption passe non pas par la moralisation des comportements mais plus par la revalorisation des salaires dans une redistribution des richesses de la nation. On ne peut pas moraliser un homme qui a faim et dont les enfants malades exigent des soins. Ventre affamé n’a point d’oreilles. Et ce régime qui parle de rigueur et moralisation le sait bien, sauf que sa pérennité lui tient plus à cœur que le bonheur du peuple ou le développement du Cameroun. Donnez un juste salaire au fonctionnaire, rendez lui sa liberté et sa dignité et il pourra contribuer comme les autres au développement de notre pays. Vous n’aviez plus que le mot « Reforme », le mot « Dette » et le mot « Croissance » dans l’oreille et dans votre bouche. Les passages à la télé vous montraient fébrile, le triomphe en ligne de mire, la revanche, contre les deux camps qui peuvent indifféremment être les vôtres, revanche vis- à -sis de la droite et vis-à-vis de la gauche. Et une sortie de l’ombre, une résurrection. Alors se sont abattues sur vous, comme sur les autres, les affaires, les emplois présumés fictifs au parlement européen. Ce ne sera pas vous qui porterez la première loi du quinquennat : la moralisation de la vie politique. Vous étiez en un instant disqualifié. Vous tombiez par la loi « S’en aller quand on a une affaire sur le dos » que vous aviez fortement défendue sous Balladur. Pour nous aussi, c’était fini. Mais, ne perdant pas courage, vous aviez votre relais Marielle à la commission des affaires étrangères, poste un peu discret pour influencer, et Fesneau comme chef de groupe à AN. La morale en politique, il ne boit pas de cette eau-là !