Lorsque quelque chose ne va pas en France, on tend à montrer immédiatement du doigt les politiques. Cependant, ce ne sont pas forcément eux qui devraient être pointés du doigt. C'est ce dont j'ai pu me rendre compte la semaine dernière, en assistant à un colloque à Cambridge où j'ai pu discuter avec un haut fonctionnaire. Son propos m'a pour le moins impressionné, car il était particulièrement virulent à l'égard de l'administration dans son ensemble. L'un des problèmes majeurs de l'administration serait d'après lui son immuabilité, qui explique pour une bonne part son immobilisme. Il expliquait par exemple comment une directive réclamée par un ministre était presque toujours bridée, à un moment de la chaîne de transmission : chaque fois qu'elle était transmise à un nouveau bureau, il y avait des chances pour qu'elle finisse par moisir au fond d'un tiroir. Ce sabordage s'explique du simple fait que les hauts cadres de l'administration ne sont en rien obligés de bouger : il savent qu’ils seront toujours présents quel que soit le résultat des prochaines élections. Ce qui est évidemment loin d'être le cas du ministre ni même du Président. Cette protection administrative contribuerait en fait à l'immobilisme global. Et ce dernier serait également décuplé par les guerres entre personnes. En effet, les attachés des ministres émanent tous de l’administration. Cela occasionnerait de fait de nombreux conflits entre fonctionnaires issus de services différents. Mais ce qu'il y aurait de plus insupportable, toujours d'après ce fonctionnaire, c'est la façon dont l'administration agit en dehors des réalités. La conscience qu'elle a du réel est à peu près nulle, selon ce haut fonctionnaire. L’administration contemple le terrain d'un oeil administratif, mais ne s'occupe pas de la situation humaine. En découle des actions qui, pour être tardives et généralement coûteuses, sont en outre tout à fait à côté de la plaque la plupart du temps. Le mammouth de l'administration, comme l'appelait Allègre, ne semble pas avoir évolué. Je redoutais de me raser lors de ce colloque à Cambridge (son thème portait sur le coût logistique, qui ne m'inspire pas des masses), mais j'ai été surpris dans le bon sens grâce à cette discussion. Et l'organisation était, je dois dire, vraiment proche de la perfection. Au cas où, je vous mets d'ailleurs en lien le site de l'agence qui s'est chargée de le monter. Si vous cherchez un prestataire pour ce genre d'événement, ils ont été carrés de bout en bout. Pour en savoir davantage, je vous recommande la lecture du blog sur ce séminaire entreprise en Angleterre qui est très bien fait sur ce thème.