De plus en plus souvent les conférences de presse, au niveau national, régional ou local, réservées par principe aux journalistes, sont truffées de communicants, voire de militants qui « occupent le terrain » et empêchent les journalistes d’exercer correctement leur profession. Le 30 août le premier ministre Edouard Philippe donne une conférence de presse sur les ordonnances concernant la législation du travail. Quelqu’un demande à poser une question en se présentant ainsi : « Raquel Garrido, pour les Terriens du dimanche » (émission sur C8). Or Raquel Garrido est certes chroniqueuse dans cette émission, mais aussi avocate de Jean-Luc Mélenchon et porte-parole de la France Insoumise. La Déclaration des droits et devoirs des journalistes adoptée à Munich en 1971 par les syndicats européens dispose qu’un journaliste ne doit jamais « confondre le métier de journaliste avec celui de publicitaire ou de propagandiste ». Ce texte stipule également de « respecter la vérité ». Or, en septembre Raquel Garrido a déclaré à l’émission « Les Terriens du dimanche » en évoquant une manifestation organisée par la France Insoumise : « C’est pour ça qu’on était dans la rue hier et que ça a si bien marché ». L’émission a été enregistrée le 21 septembre alors que la manifestation devait avoir lieu le 23. Anticiper sur les faits n’est pas « respecter la vérité ».